Beria

Alain Besançon

N° 144 Hiver 2013

Article


Dès son premier livre (La Langue de bois, Julliard, « Commentaire », 1987), Françoise Thom a montré une intuition exceptionnelle du phénomène soviétique. Depuis, elle a approfondi son intelligence philosophique et historique, en suivant étroitement la presse russe, en fouillant les archives, en analysant l'actualité. Son Moment Gorbatchev (Hachette, 1989), ses Fins du communisme (Criterion, 1994) allaient contre les opinions générales du moment. Mais on peut les relire : ils étaient vrais. Comme étaient justes ses articles dans Commentaire. Pourquoi Françoise Thom, considérée comme la plus savante et la plus pénétrante dans ce field difficile, n'est-elle pas plus consultée ? Ne veut-on pas savoir ? Ni comprendre ? Voici son Beria (Beria, le Janus du Kremlin, éditions du Cerf, 2013, 928 pages), qui, bien au-delà de la biographie, est une somme monumentale du communisme soviétique.

A. B.

Voici une case study. Georges Devereux m'affirmait souvent que l'analyse en profondeur (en compréhension) d'un seul individu d'une société donnée équivalait à l'analyse en extension de toute cette société. Je le vérifie en lisant cette biographie. Quand le cas Beria s'est présenté à Françoise...

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