Aux Affaires étrangères 1951-1985

Jean Laloy

N° 161 Printemps 2018

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Nous l'avons déjà dit. Quand Commentaire fut créé en 1978, aux côtés de Raymond Aron, deux hommes de sa génération, qui étaient ses amis et qui partageaient ses convictions, ont joué un grand rôle pour guider les plus jeunes d'entre nous et ils ont, dès le début, appartenu aux conseil et comité de la revue. Il s'agissait de Jean-Marie Soutou (1912-2003) et de Jean Laloy (1912-1994) : deux diplomates de haut rang et de grande compétence, deux spécialistes de l'Union soviétique, deux hommes qui s'étaient engagés dans la Résistance après la défaite de 1940. Les souvenirs de Jean-Marie Soutou ont été publiés par son fils, Georges-Henri Soutou (Un diplomate engagé. Mémoires 1939-1979, Éditions de Fallois, 2011, 560 pages). Jean Laloy est disparu avant Soutou et a laissé de très importants carnets. Dans ses carnets il notait quotidiennement et brièvement, à l'emporte-pièce, mais toujours avec acuité et profondeur, sans précautions et sans illusions, ses impressions, ses rencontres, ses analyses, ses jugements. Pour ce numéro anniversaire, son fils, Vincent Laloy, a bien voulu nous en confier quelques extraits, pour la période 1951-1985, concernant essentiellement la réflexion au Quai d'Orsay, observée par un diplomate, qui est aussi un historien et un philosophe. Ils concernent des événements majeurs, des personnalités importantes et d'autres qui le sont moins. Vincent Laloy a bien voulu choisir ces extraits et les annoter. Nous l'en remercions vivement. Avec son aide, nous espérons publier d'autres notes inédites de cet homme exceptionnel dont nous conservons fidèlement la mémoire.

J.-C. C.

De Robert Schuman à de Gaulle6 novembre 1951. – Réunion à trois chez Schuman, Eden et Acheson1. Eden peu changé depuis 1945, à San Francisco. Il s'ennuie de la lenteur de ce bon M. Schuman. Il envoie – en aparte – quelques pointes. Il a l'air vif, rapide, au fait, concret...

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