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Aron : la sagesse et l'action

Giulio De Ligio

N° 176 Hiver 2021

Article


Comme chaque année, à l'hiver, notre revue rend hommage à Raymond Aron, autour duquel nous nous sommes réunis pour créer Commentaire en mars 1978. Avec Pierre Hassner, il nous paraissait depuis longtemps que l'ouvrage d'Aron Les Désillusions du progrès pouvait être considéré comme « un classique de la liberté ». Giulio De Ligio le démontre.
J.-C. C.

 

Philosophe des limites de la connaissance historique, penseur de la persistance du drame dans la civilisation moderne, Raymond Aron n'a pas trouvé dans l'idée de progrès un principe d'action et de sagesse, un critère univoque du bien humain. Il n'a pas remplacé les distinctions ordinaires du jugement moral ou les vertus du gouvernement par l'imprudente alternative entre progrès et réaction. Il n'a pas « cru » au progrès parce que la thèse du progrès n'est pas crédible pour le citoyen français d'origine juive, ou pour le bon Européen, qui a vécu et pris au sérieux les malheurs illimités du xxe siècle. Il a élaboré une sociologie où la politique est vouée à demeurer une expérience décisive parce que l'argument, ou le dogme, du progrès ne dicte pas les choix des nations et l'analyse des sociétés. On pourrait dire aussi qu'il n'a pas fait abstraction, par méthode ou par croyance, des responsabilités et des dettes des hommes.

G. D. L.

On ne trouvera dans le titre d'un de ses derniers articles, « Pour le progrès. Après la chute des idoles1 », des conclusions alternatives, un Aron progressiste, qu'en oubliant que les idoles du siècle, au soir de sa vie, semblaient...

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