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Améliorer la responsabilité de la Banque centrale européenne

Jean-Claude Trichet

N° 174 Été 2021

Article


La question de la responsabilité d'une Banque centrale vis-à-vis de la sphère politique dans une démocratie est l'une des plus débattues aujourd'hui. L'une des raisons en est la généralisation du concept d'indépendance des Banques centrales qui a caractérisé les trente dernières années. Cette évolution mondiale a été particulièrement marquée en Europe dans les années 1990. Dans cette décennie, les Banques centrales nationales qui allaient rejoindre l'euro se sont vues donner l'indépendance tandis qu'en 1957 la Banque d'Angleterre elle-même était munie de l'« indépendance opérationnelle » s'agissant de la politique monétaire.Le problème est particulièrement important s'agissant de la Banque centrale européenne (BCE) et du Système européen de banques centrales (SEBC) pour trois raisons.D'abord, parce que la BCE est, sans doute, l'une des Banques centrales les plus indépendantes du monde, non seulement parce que le texte qui régit son indépendance est très rigoureux mais aussi parce que cette indépendance est affirmée non dans une simple loi modifiable par un Parlement, mais par un traité qui ne peut être modifié que par l'unanimité des pays signataires.Ensuite, parce que l'Europe constitue dans le monde le continent sanctuaire de la démocratie politique. Il y a donc, en Europe, une très forte affirmation simultanée de l'importance de la responsabilité démocratique et de l'indépendance de la Banque centrale.Enfin, parce que la construction européenne est elle-même multidimensionnelle : la superposition des démocraties nationales et des institutions européennes d'une part et, d'autre part, de la BCE et du SEBC, système opérationnellement décentralisé, doit nécessairement organiser leurs relations de manière originale.C'est dans ce contexte que la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a organisé des auditions sur la responsabilité de la Banque centrale européenne et a souhaité m'entendre comme son ancien président de 2003 à 2011. On trouve ci-après le texte de mon audition le 2 décembre 2020.

J.-C. T.

C'est avec une particulière émotion que je viens aujourd'hui devant votre Commission répondre à vos questions sur la responsabilité de la Banque Centrale européenne. Je suis ici pour la trente-sixième fois, après avoir participé à trente-cinq réunions au cours des huit années de mon mandat de...

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