1988 : Rocard et Mitterrand ou l'échec de l'ouverture

Jérôme Jaffré

N° 167 Automne 2019

Article


Dans l'histoire de la Ve République, le moment 1988 retient l'attention à plus d'un titre. Il voit la réélection facile du président de la République, François Mitterrand – un fait assez rare –, sur la base d'une campagne électorale peu politique et bien davantage fondée sur son image personnelle et aussi la promesse de la France unie. Il voit la nomination à l'Hôtel Matignon de son rival historique dans le socialisme français, Michel Rocard. Il fait apparaître les difficultés à réussir l'ouverture promise et une recompostion politique. Il voit enfin des élections législatives organisées dans la foulée de la présidentielle qui ont failli être perdues, alors que toutes les autres menées dans les mêmes conditions entre 1981 et 2017 ont donné une majorité absolue des sièges au parti qui soutient le président de la République.

J. J.

La campagne présidentielle : quatre mois de complicitéDurant les quatre premiers mois de 1988 dominés par la présidentielle, on assiste à un épisode rarissime dans leurs carrières politiques : une complicité entre François Mitterrand et Michel Rocard1. Ce moment permet l'atterrissage en douceur de la candidature présidentielle du député des Yvelines...

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